Les insurgés
- Le vent pourlèche les coteaux de mon cerveau nomade,
- je virevolte dans l'espace... et tombe sur toi.
- Tu m'attendais un petit peu, tu avais déjà mis
- du mimosa dans tes cheveux... et du sable dans ton lit.
- Tu es nue par en dessus, habillée par en dessous,
- je me fraye un chemin lumière... et cueille tes seins.
- La pointe se métamorphose et devient un peu dure,
- j'ai le regard qui s'accroche, tu m'appelles à la morsure...
- Quand tous les serpents naufragés se seront battus pour des pommes,
- nous deviendrons des insurgés.
- Quand tous les saints invétérés, les curés, les scouts au jasmin,
- connaîtront les joies du pêché et le bénieront quand il vient
- nous deviendrons des saints,
- En attendant petite aurore nous sommes les diables à éviter,
- nous nous pénétrons au grand jour à la barbe de ces crapaux.
- Mes doigts enfourchent ta crinière, et tes lèvres se cognent
- aux lobes lisses tendres de mes oreilles piments
- Ta langue devient sinueuse au creux de mon oreille,
- j'entends des mots à perdre haleine, et des souffles de violaine
- Je passe le cap de tes hanches et deviens un peu dingue,
- j'ai de la folie dans les branches, tu as le ventre en épingle
- Tes doigts s'enroulent sur ma verge, et j'explore ton cul,
- tu te dresses, tu te redresses, je t'ai enfin répondu,
- Quand tous les serpents naufragés se seront battus pour des pommes,
- nous deviendrons des insurgés.
- Quand tous les saints invétérés, les curés, les scouts au jasmin,
- connaîtront les joies du pêché et le bénieront quand il vient
- nous deviendrons des saints,
- En attendant petite aurore nous sommes des diables à éviter,
- nous nous pénétrons au grand jour à la barbe de ces crapaux.
- Qui meuglent leur miséricorde en séparant l'âme et le corps
- et en s'inventant des grillages où suinte un sexe vénal
- La misère est bien de ce monde quand on regarde vivre les gens,
- apeurés dans leurs jouissances et se masturbant en bavant
- Sur ces affiches et ces couleurs et ces lendemains de grisaille
- qui palpitent sous les rondeurs de ces culs
- tannés par Cardin, de ces sexes pusillanimes
- Quand tous les serpents naufragés se seront battus pour des pommes,
- nous deviendrons des insurgés.
- Quand tous les saints invétérés, les psycho, les analytiques,
- connaîtront les joies de s'aimer, et se bénieront leur bite,
- nous deviendront normaux
- En attendant petite aurore, nous sommes les anormaux détraqués,
- les psycho-sociaux obsédés, nous nous pénétrons au grand jour,
- Et ces marques de soutien gorge à la Rochelle le samedi soir,
- je me souviens du porte à porte et des filles tannées par l'espoir
- Et ces enfants qui me sourient, et ces visages dans la nuit,
- c'est encore pour eux que je chante, et pour toi....
- Quand tous les serpents naufragés se seront battus pour des pommes,
- nous deviendrons des insurgés.
- Môrice Bénin, "Les Insurgés".
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