"Le désespoir et la fatigue s'unissent. Et le soleil se dirige d'un autre côté." (Michaux)

Publié le par Arcadia

Une brûlure dans un lac glacé. Un cristal perdu dans un faisceau de couleurs. Un appel noyé dans des milliers de murmures. Bruits de la vie, du quotidien, agression perpétuelle de mille détails anodins, et d'autres qui rongent. Un homard atroce, échappé aux calligraphies de Michaux, s'est glissé en moi.

Une force surgit qui voudrait oublier, tout oublier, s'étendre sur l'asphalte, se déraciner, s'imposer un masque de pierre et de cendres.

Se taire. Se taire quand les mots gèlent en nous et se disloquent, mutilant l'âme de leurs lames. Quand parler devient un besoin vital, rugissant dans les veines et que le silence est de mise, qu'il s'impose, se compose, se dispose.

Encore un voile qui se dresse, une larme qui se ferme.




"Vide, vide, angoisse; angoisse, comme un seul grand mât sur la mer.

Hier, hier encore, hier, il y a trois siècles; hier, croquant ma naïve espérance, hier, sa voix de pitié rasant le désespoir, sa tête soudain rejetée en arrière, comme un hanneton renversé sur les élytres, dans un arbre qui subitement s'ébroue au vent du soir, ses petits bras d'anémone, aimant sans serrer, volonté comme l'eau tombe..."

(H. Michaux, extrait de "La Ralentie", in Lointain Intérieur)


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Publié dans Paroles non dites

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