Mercredi 5 mai 2010
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18:21
"La nuit fut un échec
- Et pourquoi pas ?
Dans l'obscurité
Avec l'aube pâle frémissant dans la fenêtre
A travers le cadre noir
Je ne pouvais être libre
Me dégager du passé ; de ces autres -
Et mon amour fut confusion,
Il y eut cette chose horrible,
Tu te retiras de moi, révulsée.
Maintenant, au matin
Comme nous sommes assis au soleil sur un banc
près du petit sanctuaire,
Regardant le mur des montagnes,
Murs d'ombres bleues,
Voyant si près de nos pieds dans la prairie
D'innombrables boules de pissenlit
Boules prises dans l'herbe vert sombre
Paisible sous le soleil -
Cela suffit, tu es tout près -
Les montagnes sont en équilibre
Les graines de pissenlit à demi enfouies dans l'herbe :
Toi et moi ensemble
Notre amour porte tout cela
Fier et joyeux,
Tout se tient debout sur notre amour,
Commence avec nous,
Nous sommes la source."
D. H. Lawrence
Par Arcadia
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Mardi 23 février 2010
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23:26

"Quelle que soit la personne que tu regardes, sache qu'elle a déjà plusieurs fois traversé l'enfer."
C. Bobin, Les Ruines du ciel.
Parfois nos larmes tombent sur la neige comme autant de pensées effeuillées par
le vent.
Parfois elles deviennent songes et s'évadent entre les flocons au gré du temps.
Parfois elles se métamorphosent en pétales de rose couleur de sang.
Et nous les regardons dans le silence, avides d'en saisir le sens.
Parfois nos rires se taisent au détour d'un crépuscule.
Parfois ils s'élèvent et se fondent dans les nuages d'un printemps frémissant.
Parfois ils se consument dans un pétale doux sous les lèvres.
Et nous les baisons en silence, heureux de saisir leur sève.
Toujours nos émois sont la tige d'instants épanouis dans l'éphémère.
Par Arcadia
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Mardi 23 février 2010
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/2010
23:14

Dans la fragrance d'un instant capturé, j'aperçois un fragment d'esprit retrouvé. Je l'attire à moi comme une promesse d'un ailleurs peut-être retrouvé.
Alors il me murmure des paroles insondables qui se refusent à ma conscience. Ma raison se tord sans pouvoir se résoudre, mon être se disloque de vouloir trop comprendre. A l'orée de la folie, je me
résous à abdiquer. Mon âme délitée s'étend sur un lit de roses pour apaiser ses plaies. C'est à ce prix que la flamme se fait jour et accède à ma vision. La paupière dilatée, j'inonde mon iris de
cette conscience renouvelée. La beauté est là, au creux de ces pétales humides d'une rosée par quelque malice versée. Au coeur de nos songes, la flamme est cachée dans les ténèbres, invisible à
celui qui veut la cerner. Pour voir le monde, il faut se rendre aveugle. Pour comprendre l'esprit, il faut s'abolir aux sens. Pour être, il faut se libérer du joug par nous-mêmes
imposé.
Par Arcadia
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Mardi 23 février 2010
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22:52
Quand il me parle tout bas, qu'il me prend dans ses bras...
Je vois la vie en respiration, je vois la vie en flammes, je vois la vie en mouvement, je vois la vie en éclatement de tous les sens, je vois la vie en firmament, je vois la vie en lampadophore, je
vois la vie en crépitement, je vois la vie en chatoiements, je vois la vie en espérances, je vois la vie en toute clémence, je vois la vie en frémissement, je vois la vie en papillon, je vois la
vie en chuchotement, je vois la vie en ondulation, je vois la vie en bleu...

Par Arcadia
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Mardi 20 octobre 2009
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07:58
Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser ses pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli formé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
Stéphane Mallarmé, Poésies.
Par Arcadia
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