Bal masqué
Il est deux objets que l'on ne peut jamais, sa vie durant, abandonner le long du chemin: la croix et le masque. Tous, nous avons à porter notre croix d'angoisse, de souffrance, de souvenirs. Tous, nous avons à porter notre masque de vie, de sourire, de silence. L'un devant dissimuler l'autre pour permettre un semblant de paix. On peut rêver d'échanger, d'aider celui qui nous accompagne à porter de si lourds et encombrants objets. De le laisser connaître ce qui se cache derrière notre apparat consensuel.Mais alors il faut accepter le risque, celui du jugement, de la dénonciation, de la critique et de la solitude. Accepter que cela puisse engendrer la désillusion, la déception et la perte au lieu du gain espéré.
Comme le disait Oscar Wilde: "L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité."
Alors portons le masque des mots et de l'écriture pour dire les vérités qui ne peuvent être entendues dans la clarté diurne, où prédominent la peur et les entraves de l'impitoyable raison...
Et que le bal commence.


Publicité