Eléments travestis 2

Publié le par Arcadia

"Chère imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas."

(André Breton, Manifeste du surréalisme)




















  Des ectoplasmes dansent entre les rameaux, distillés dans l'air statuphié, murmurent à mon oreille des chants ancestraux où se noient mes pensées. Je rejoins leur mascarade et ils me guident entre les barreaux de mon esprit, le long d'un chemin arraché au néant. Les teintes de l'éveil se sont désagrégées dans cette fantastique chevauchée.

  Et je vois dans un ciel ensanglanté se dessiner les stigmates du passé. Et je vois sur cette terre violacée jouer les fragments de la conscience. Et je vois sur la palette de l'infini s'entrelacer les formes, les couleurs, les senteurs. Le silence seul demeure immuable, entrecoupé de cris lancinants et de rires cristallisés.


    Ma route me mène au-delà des frontières connues, là où je veux croire qu'il est une porte sur l'éternel. Que les signes fassent sens en moi et tout autour de moi, pour le plaisir d'imaginer, de rêver, d'espérer. J'aspire à une vie où le miroir aux alouettes serait une
lointaine chimère.

  Et les mots entremêlés se débattent contre eux-mêmes, enragés par leur faiblesse et leur impuissance, inaptes à dire cela qui ne peut être dit. Cela qui les brise sur le marbre d'une tombe entrouverte.

  Une rose ploie dans le vent, défend ses épines que le temps malmène et écaille. Le bruissement de ses pétales s'évanouit dans le rugissement des éléments transcendés.

  La brume qui se lève enveloppe de sa féerie les êtres qui se meuvent en aveugles. A travers elle passent les symboles par milliers, en quête d'une réponse qui puisse les élucider.

  Alors la plume crisse sur la feuille et trace de longs sillons de sens.



"Ce n'est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l'imagination"

(A. Breton, ib.)



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Publié dans Visions d'éléments

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