La bayadère
"Le ciel se couvre. Et voici maintenant ma vieille blessure, là, au creux de mon corps, comme une mauvaise blessure que chaque mouvement irrite. Je connais son nom. Elle est peur de la solitude éternelle, crainte qu'il n'y ait pas de réponse."
(A. Camus, Le Malentendu)
Bienheureuse fatigue, déliquescence de l'être qui s'étend, vide de corps et de coeur, las du combat, las de lui-même. Le masque est pur, dur comme la roche, lisse comme la glace. A peine remarque-t-on une trace sanglante à l'orée de son regard.
Une croix se dresse dans le lointain, noyée dans la grisaille.
La pluie s'échoue sur les vitres, goutte après goutte s'écoulent ses pleurs sur l'immuable transparence. Ce bruit liquide endort ma folie, et mon sourire silencieux accueille sa fraîcheur. Elle lave les plaies suintantes qui gisent au sein de ma chair.
Cachot de neige mouvant, tu enfermes ma flamme.
Une mélopée au doux murmure enchante l'air, ensorcelle la chimère. Et j'attends, dans cette paix incertaine, l'instant où tombera le couperet, où la mystérieuse se fracassera sur les écueils. Et j'attends, dans le lent écoulement du temps, la chute incessante des lames boréales.
Bayadère de l'infini, ta danse encense mon esprit.

(A. Camus, Le Malentendu)
Bienheureuse fatigue, déliquescence de l'être qui s'étend, vide de corps et de coeur, las du combat, las de lui-même. Le masque est pur, dur comme la roche, lisse comme la glace. A peine remarque-t-on une trace sanglante à l'orée de son regard.
Une croix se dresse dans le lointain, noyée dans la grisaille.
La pluie s'échoue sur les vitres, goutte après goutte s'écoulent ses pleurs sur l'immuable transparence. Ce bruit liquide endort ma folie, et mon sourire silencieux accueille sa fraîcheur. Elle lave les plaies suintantes qui gisent au sein de ma chair.
Cachot de neige mouvant, tu enfermes ma flamme.
Une mélopée au doux murmure enchante l'air, ensorcelle la chimère. Et j'attends, dans cette paix incertaine, l'instant où tombera le couperet, où la mystérieuse se fracassera sur les écueils. Et j'attends, dans le lent écoulement du temps, la chute incessante des lames boréales.
Bayadère de l'infini, ta danse encense mon esprit.

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