Mémoire d'un instant
"La paix du soir aborde chaque pierre, y jette l'ancre de la douleur / Puis vient la nuit, grosse de batailles."
Dixit René Char.
Une phrase intéressante. Comment la paix peut-elle être mêlée de douleur, de batailles ? N'est-elle pas aux antipodes de ces sentiments et pensées si négatives, si propres à la nuit et ses fantasmagories ? Ne devrait-elle être synonyme de lumière ?
Peut-être justement parce que la paix, le silence du soir, les ombres nous ramènent à nous mêmes. Dans la solitude d'un crépuscule achevé, demeure l'être, qui tombe le masque quand nul n'est plus là pour voir ce qui le constitue. Alors vient le temps de penser, de se penser pour tenter de se panser. En vain ?
Non, jamais en vain. Quelles que soient nos batailles, elles nous apprennent. Quel que soit le prix à payer et l'énergie que l'on abandonne à de tels combats, il y a un retour. On ne sort jamais vainqueur de soi-même, mais parfois on le devient des araignées qui s'agitent en nous. Araignées de la douleur, de l'angoisse, du passé, du présent, de l'avenir, de ceux qui ont croisé notre route et hantent ses pavés. En tuer une, en voir naître une autre et sans cesse recommencer, parce que c'est là que se situe la vie et la possibilité d'une paix, quelle qu'elle soit.
Chaque jour est une lutte...chaque nuit aussi. Les miennes sont tissées de petites clartés, de mille souvenirs, d'autant de réflexions, dans la fumée qui m'entoure et au rythme de musiques incessantes. De chaque instant, il faut savoir tirer de l'expérience et le sentiment de l'avoir vécu absolument, entièrement, que ce soit pour tomber ou se relever...Au moins savoir qu'on l'a senti pleinement. Pour pouvoir le porter en nous et chercher ce que nous sommes, qui n'est peut-être pas de réponse mais qui constituera toujours un sens...
Dixit René Char.
Une phrase intéressante. Comment la paix peut-elle être mêlée de douleur, de batailles ? N'est-elle pas aux antipodes de ces sentiments et pensées si négatives, si propres à la nuit et ses fantasmagories ? Ne devrait-elle être synonyme de lumière ?
Peut-être justement parce que la paix, le silence du soir, les ombres nous ramènent à nous mêmes. Dans la solitude d'un crépuscule achevé, demeure l'être, qui tombe le masque quand nul n'est plus là pour voir ce qui le constitue. Alors vient le temps de penser, de se penser pour tenter de se panser. En vain ?
Non, jamais en vain. Quelles que soient nos batailles, elles nous apprennent. Quel que soit le prix à payer et l'énergie que l'on abandonne à de tels combats, il y a un retour. On ne sort jamais vainqueur de soi-même, mais parfois on le devient des araignées qui s'agitent en nous. Araignées de la douleur, de l'angoisse, du passé, du présent, de l'avenir, de ceux qui ont croisé notre route et hantent ses pavés. En tuer une, en voir naître une autre et sans cesse recommencer, parce que c'est là que se situe la vie et la possibilité d'une paix, quelle qu'elle soit.
Chaque jour est une lutte...chaque nuit aussi. Les miennes sont tissées de petites clartés, de mille souvenirs, d'autant de réflexions, dans la fumée qui m'entoure et au rythme de musiques incessantes. De chaque instant, il faut savoir tirer de l'expérience et le sentiment de l'avoir vécu absolument, entièrement, que ce soit pour tomber ou se relever...Au moins savoir qu'on l'a senti pleinement. Pour pouvoir le porter en nous et chercher ce que nous sommes, qui n'est peut-être pas de réponse mais qui constituera toujours un sens...
Publicité